Réintroduire l'Ara de Spix dans la nature

Réintroduire des espèces animales
 et végétales dans leur biotope d’origine

Réintroduire l'Ara de Spix dans la nature

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L’Ara de Spix a disparu de la Nature depuis près de 20 ans. Avec le gouvernement brésilien et nos collègues allemands du centre d’élevage ACTP, Pairi Daiza protège ses magnifiques oiseaux, les reproduit et va les relâcher dans quelques mois dans des réserves naturelles au Brésil ! Une première mondiale qui ne réussira pas sans vous, sans votre aide, sans votre contribution, petite ou grande ! Chaque geste compte. Chaque petite pièce rapproche un peu plus les Aras de Spix de leur milieu naturel. Merci à toutes et tous !

 

L’Ara de Spix (Cyanopsitta spixii), perroquet bleu originaire de la vallée du fleuve Sao Francisco (Brésil) et officiellement éteint dans la nature depuis 2000. Un Memorandum of Understanding signé à Pairi Daiza annonce la réintroduction de cette espèce dans son environnement naturel, en Amérique du Sud. Une première mondiale pour une espèce animale, promise pour 2019.

Quatre signataires pour un partenariat historique :

- Monsieur Edson Duarte, Ministre brésilien de l’Environnement,

 - Monsieur Martin Guth, Président de l’Association for the Conservation of Threatened Parrots (ACTP, Berlin, Allemagne),

- Monsieur Ricardo Soavinski, Président de l’Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité (ICMBio, Brasilia, Brésil),

- Monsieur Eric Domb, Président de la Pairi Daiza Foundation (Brugelette, Belgique).

Cinq objectifs pour une première mondiale :

- Présentation d’Aras de Spix aux citoyens du monde entier, à Pairi Daiza,

- Création d’un Centre de conservation et de reproduction de l’Ara de Spix à Pairi Daiza,

- Restauration et protection de l’habitat naturel de l’Ara de Spix dans la Caatinga (Brésil),

- Construction et gestion d’un centre d’élevage et d’acclimatation au Brésil en vue d’une réintroduction douce et par étapes de l’Ara de Spix dans son habitat natuel,

- Réintroduction de l’Ara de Spix dans la Nature. 

 

L’HISTOIRE DE L’ARA DE SPIX TRAQUÉ PENDANT DES DÉCENNIES, SAUVÉ PAR DES AMOUREUX DES OISEAUX

 

Rares sont ceux qui ont eu la chance d’approcher, observer ou écouter crier un Ara de Spix. Si nous en avons tous vus au cinéma ou à la télévision au travers des films d’animation « Rio » de la 20th Century Fox (Blu et Perla, leurs héros, sont des Aras de Spix traqués par des chasseurs et en voie d’extinction, les scénaristes s’inspirant de la véritable histoire de l’espèce), les spécimens vivants visibles du grand public sont rarissimes. Jusqu’à ce dimanche, seul le zoo de Singapour présentait ainsi un unique couple à ses visiteurs. Une exclusivité désormais partagée, depuis aujourd’hui, par Pairi Daiza, qui a l’immense honneur de pouvoir présenter à ses visiteurs quatre Aras de Spix dans une volière spécialement aménagée au sein du Jardin des Mondes.

Découvert par le naturaliste allemand Johann Baptist von Spix au début du 19ème siècle, l’Ara de Spix est un perroquet relativement petit (entre 50 et 60 centimètres), léger (moins de 400 grammes) et caractérisé par un plumage bleu vert, des cercles bleu clair autour des yeux et, pour les jeunes, une ligne blanche sur son bec. Il vit (ou vivait, devons-nous dire pour l’instant…) dans la Caatinga, biotope semi-désertique du nord-est du Brésil. Au début du XXème siècle, Johann Baptist von Spix expliquait déjà que la communauté d’Aras de Spix semblait bien moindre en nombre que d’autres espèces, laissant sous-entendre que la destruction de leur habitat par l’homme était à l’origine de son déclin.

 

Depuis 2000, il n’y a plus d’Aras de Spix à l’état sauvage

Des décennies durant, l’Ara de Spix verra sa population décliner, inexorablement. Du fait de l’Homme, comme souvent, qui l’a longtemps chassé pour en faire un oiseau d’ornement et a lentement détruit son environnement naturel en transformant son habitat en bord de fleuve en terres agricoles. Au mitan des années ’70, on n’estimait déjà plus qu’à une soixantaine le nombre d’Aras de Spix vivant encore en liberté. Quelques années plus tard, en 1984, un recensement faisait état de... quatre Aras de Spix encore aperçus « à l’état sauvage ». Une présence trop tenue pour que l’annonce de l’extinction complète ne soit alors plus qu’une question de temps. Elle tombera finalement en 1989, quand les experts annonceront la « prise » des derniers spécimens par des braconniers alléchés par les dizaines de milliers de dollars auxquels se négociaient alors chacun des derniers survivants… L’Ara de Spix « sauvage » n’était plus.

Comme un baroud d’honneur, il renaîtra pourtant brièvement au milieu des années ‘90, quand un mâle est miraculeusement aperçu dans la Caatinga. La communauté scientifique tente alors de lui offrir une compagne, dans l’espoir de reformer un couple reproducteur. Un particulier qui avait acheté un bébé femelle accepte de le confier à la communauté scientifique pour laisser l’oiseau repartir dans la nature, en 1995. Mais l’idylle entre les deux perroquets n’aura jamais lieu. Le mâle, qui s’était entretemps amouraché d’une femelle ara d’une autre espèce, n’aura pas d’yeux pour la femelle relâchée. Cette dernière sera retrouvée morte quelques années plus tard, seule, probablement victime d’une collision avec une ligne électrique aérienne. Et le mâle n’a plus jamais donné signe de vie. L’espèce est officiellement « éteinte » dans la Nature, pour la seconde fois.

 

Une population captive recueillie au Qatar puis en Allemagne

Début des années 2000. La situation peut difficilement être plus critique pour l’Ara de Spix. Disparue à l’étage sauvage, l’espèce n’est plus représentée que par quelques individus braconnés et enfermés chez des particuliers, souvent dans le secret. Ils sont bien peu, alors, à encore espérer pouvoir sauver l’espèce de la disparition complète de la planète. Un homme, pourtant, veut y croire et relever le défi du sauvetage des Aras : le Sheikh Saoud Bin Mohammed Bin Ali Thani, ancien ministre des Arts et de la Culture du Qatar et propriétaire d’un centre de préservation des espèces menacées, à Doha, le Al Wabra Wildlife Preservation. Entouré d’éminents zoologistes (Tim Bouts, directeur zoologique de Pairi Daiza, a notamment travaillé à ses côtés), cet amoureux des oiseaux se met en chasse, pacifique celle-là, des aras enfermés chez des particuliers, aux Philippines et en Suisse. Pour convaincre leurs propriétaires de les lui confier pour sauver l’espèce. Patiemment, de longues années durant, il rassemble la famille des derniers survivants dans un même endroit. Il recueille 4 oiseaux après quelques mois. En 2004, il en possède quelques dizaines. Et 120 en 2018, dont de nombreux jeunes nés au Qatar grâce aux programmes de reproduction mis en place. Jamais ces aras ne seront montrés au public, tout juste le Zoo de Singapour ayant eu l’autorisation d’en accueillir deux (un de l’ACTP et un de Al Wabra) pour être présentés à ces visiteurs. 

A la mort du Sheikh Saoud Bin Mohammed Bin Ali Thani, en 2014, ses enfants expriment le souhait de confier les derniers Aras de Spix de la planète à d’autres amoureux des oiseaux, avec pour mission de faire renaître, un jour, le perroquet bleu dans son milieu naturel. C’est l’ACTP (Association for the Conservation of Threatened Parrots), basée à Berlin (Allemagne), qui recueille alors les animaux. Un geste de confiance de la part d’Al Wabra. L’ACTP élevait alors déjà des Aras de Spix depuis plusieurs années et une collaboration forte existait entre les deux institutions. Un objectif commun et une confiance mutuelle ont permis ce déplacement des oiseaux. Entourés par les meilleurs experts en perroquets, logés dans les meilleures installations possibles, les aras ont depuis lors continué à se développer à Berlin. Aujourd’hui, l’ACTP en compte 140. D’autres aras vivent également dans un Centre du gouvernement brésilien au Brésil (11), à Singapour (2) et désormais à Pairi Daiza (4).

 

UNIS POUR UNE PREMIÈRE MONDIALE OBJECTIF : RÉINTRODUIRE L’ARA DE SPIX DANS SON MILIEU NATUREL

 

Aujourd’hui, grâce au travail des autorités brésiliennes, de l’Al Wabra Wildlife Preservation, de l’Association for the Conservation of Threatened Parrots (ACTP), de l’Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité (ICMBio) et de la Pairi Daiza Foundation, l’heure est venue de rendre leur totale liberté aux Arax de Spix. Et de reconstituer, dans leur milieu naturel, une population de perroquets suffisamment large et protégée que pour assurer la survie et le développement de l’espèce au sein de l’écosystème duquel elle n’aurait jamais dû disparaître.

Ce projet, s’il est couronné de succès, saluerait une première mondiale, jamais l’Homme n’ayant réussi à réintroduire à l’état sauvage une espèce animale éteinte dans la Nature. Pour ce faire, les partenaires signataires du Memorandum Of Understanding pour la conservation, la protection et la réintroduction du Ara de Spix s’engagent à partager leurs expertises, leurs équipes et leurs moyens financier dans le seul objectif de voir le perroquet bleu retrouver son territoire le plus rapidement possible, et avec l’assurance de pouvoir s’y développer et reconstituer une population stable et pérenne.

 

Six actions concrètes sont annoncées et/ou ont déjà été réalisées : 

 

1. Création d’un centre de conservation et de reproduction de l’Ara de Spix au coeur du Jardin des Mondes, à Pairi Daiza : La Pairi Daiza Foundation s’engage à construire et gérer au sein du Jardin des Mondes, à Brugelette, le second Centre mondial de Conservation et de Reproduction de l’Ara de Spix, après celui de la Fondation ACTP (Association for the Conservation of Threatened Parrots), à Berlin. Ce centre accueillera plusieurs couples d’Aras de Spix confiés par la Fondation ACTP. Tout sera mis en oeuvre pour que les jeunes nés qui pourraient ensuite naître à Pairi Daiza puissent être relâchés dans leur milieu naturel, au Brésil.

 

2. Présentation au public d’Aras de Spix par la Pairi Daiza Foundation : L’ACTP a confié à la Pairi Daiza Foundation quatre jeunes Aras de Spix qui seront visibles des publics belge et internationaux. Cette présentation rarissime (seul un coupe l’Aras de Spix était jusqu’à présent visible dans le monde, au zoo de Singapour) doit permettre de sensibiliser le grand public à la fois aux graves dangers qui pèsent sur l’espèce et sur le programme mis en place par les signataires pour la réintroduire dans son milieu naturel. La Pairi Daiza Foundation, avec le soutien de l’ACTP, a bâti une nouvelle volière aménagée pour l’accueil de ces oiseaux extraordinaires. Une équipe de soigneurs a été spécialement formée pour les entourer, grâce à l’expertise des équipes de l’ACTP. 

 

3. Création de réserves naturelles au Brésil : pour préparer le retour des Aras de Spix dans leur milieu naturel, les autorités brésiliennes ont annoncé la création de deux « réserves naturelles » dans la Caatinga (Nord-Est du Brésil) où toutes les conditions seront posées pour assurer la survie des perroquets qui seront relâchés. La création de ces réserves naturelles et des mesures de protection qui l’accompagnent (protection de l’habitat des Aras, protection des Aras, etc.) est un préalable indispensable à la réintroduction de l’espèce.

 

4. Création d’un Centre de réadaptation, d’élevage et de réintroduction au Brésil : réintroduire à l’état sauvage des animaux nés en captivité est un processus long et difficile. Les animaux, quels qu’ils soient, doivent être préparés à recouvrer la liberté, progressivement, par étapes, petit à petit. Cette découverte de la liberté peut prendre plusieurs mois. Pour faciliter et préparer ce retour des Aras de Spix, les autorités brésiliennes ont décidé la construction d’un Centre de réadaptation et de réintroduction de l’Ara de Spix, in situ. Ce centre et son personnel seront financés par la Pairi Daiza Foundation. La Pairi Daiza Foundation donnera son nom au centre. 

 

5. Remise en liberté de premières dizaines d’Aras de Spix : Une fois le Centre de réadaptation et de réintroduction créé au Brésil, les opérations de remise en liberté des Aras de Spix dans les réserves naturelles créées par les autorités brésiliennes pourra être initié. Il s’agira dans un premier temps de plusieurs dizaines d’Aras nés en Allemagne, au sein de la Fondation ACTP, ou au Qatar. Le transfert de ces oiseaux sera financé à la fois par l’ACTP et par la Pairi Daiza Foundation. 

 

6. Programme pluriannuel de remise en liberté d’Aras de Spix : Le programme de remise en liberté des Aras de Spix ne se limitera pas aux premiers « relâchements », en 2019. Pour assurer le plein succès de l’opération, les partenaires préparent une remise en liberté continue de perroquets, année après année, jusqu’à ce que la population ornithologique soit suffisamment forte et stable que pour assurer la survie de l’espèce dans son milieu naturel. Une dizaine d’Aras de Spix devraient ainsi pouvoir être relâchés annuellement. Des oiseaux nés dans les centres de l’ACTP à Berlin, au Brésil ou dans le centre de la Pairi Daiza Foundation en Belgique.

 

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